[Dans la presse aujourd’hui] Pour une alimentation accessible à toutes et tous

Dans quelques semaines, la première halle alimentaire en circuit court verra le jour à Paris. C’est l’un de nos engagements de campagne en 2014. Aujourd’hui c’est une politique publique inédite qui est menée par notre ville. Le Conseil de Paris a adopté sur proposition du groupe communiste-front de gauche le dispositif dit des « 4 saisons solidaires » visant à promouvoir une alimentation saine, de qualité, accessible à toutes et à tous et issue de l’agriculture paysanne et biologique en circuit court.

 

Ce projet trouve sa source dans deux actions militantes.

D’abord, la vente solidaire annuelle de fruits et légumes place de la Bastille par les militants communistes et les membres du syndicat agricole des exploitants familiaux (MODEF). Cette solidarité entre Paris et les zones rurales est hautement symbolique car plus d’un français sur dix vit dans un foyer en situation d’insécurité alimentaire. Les marges exorbitantes asphyxient les producteurs et condamnent les consommateurs à payer un prix élevé pour des produits à la qualité incertaine, issus d’une agriculture intensive peu soucieuse de l’environnement. Un autre système de distribution alimentaire est possible : les producteurs agricoles peuvent être rémunérés au juste prix tout en proposant des prix abordables pour les consommateurs.

 

Par ailleurs, la mobilisation de parisiennes et de parisiens contre l’installation de supérettes filiales de grandes enseignes de distribution et plus largement contre la prolifération de ce type de commerce nous avait permis de proposer l’installation d’une Halle Alimentaire et de l’appuyer sur une structure d’économie sociale et solidaire.

 

Aujourd’hui, l’urgence écologique nous oblige à retisser des liens entre les territoires urbains et ruraux.

 

Pour cela, il faut recréer un système de distribution alimentaire pensé et appréhendé dans son ensemble. Les circuits courts, par la proximité producteur-consommateur et la suppression d’un maximum d’intermédiaires, permettront mécaniquement de ne pas faire peser sur le consommateur une charge trop lourde et d’assurer une consommation bien respectueuse de l’environnement. Réduire les distances transports est incontournable dans une ville où 95% des livraisons de marchandises s’effectuent en camion. À ce titre, les circuits courts représentent un progrès à la fois environnemental et social.

Plusieurs études ont démontré que les habitants des quartiers populaires étaient plus frappés par l’insécurité alimentaire. Ce chiffre avoisine même les 15% à Paris. L’alimentation est liée au niveau de revenu, au lieu de vie, au niveau d’instruction, et participe à l’aggravation des inégalités sociales.

 

Les Halles alimentaires seront des lieux d’accompagnement pédagogique auprès des enfants et des familles. Par ailleurs la traçabilité des produits est incontournable : qu’il s’agisse de leur provenance, des produits utilisés, de la juste répartition du prix, tout sera indiqué. Le consommateur saura quelle somme reviendra aux producteurs et tous les fruits et légumes seront de saisons.

 

Cette innovation locale à l’échelle de Paris, peut être prolongée au niveau national. Nous proposons une loi qui favorise ce nécessaire retour à une consommation responsable. Une des premières mesures sera d’insérer dans les marchés publics de commandes alimentaires une clause imposant le recours aux circuits courts et à l’économie sociale et solidaire.

 

Ma réponse à l’interpellation de Solidarités Nouvelles pour le Logement

Vous nous interpellez, en tant que candidats aux élections législatives des 11 et 18 juin 2017 auxquelles nous nous présentons au nom du PCF – Front de Gauche, dans la 7ème circonscription de Paris, sur la politique du logement.

Pour commencer, nous serions effectivement très heureux de pouvoir vous rencontrer dans le cadre de cette campagne afin d’échanger avec vous sur cette question.

Nous sommes les candidats qui défendons l’avenir du cœur de Paris par la lutte contre la spéculation immobilière, le logement social, la protection des services publics comme La Poste, par la promotion et valorisation des métiers de l’artisanat et du commerce indépendant de proximité.

Aussi, nous avons bien pris connaissance des 4 questions que vous nous posez à savoir : développer le parc des logements très sociaux PLAI accessibles aux ménages à bas revenus, réajuster le montant des aides personnalisées pour rattraper l’évolution du coût des logements de type PLAI et PLUS, agir pour le logement d’abord et mobiliser le parc privé en renforçant l’encadrement des loyers.

Nous sommes d’accord avec ces propositions. Le logement est notre priorité, le logement social est notre action phare. Nous insistons tout de même sur le fait que la mixité est également notre maître mot et que nous tenons à ce qu’elle soit préservée partout afin de ne créer aucune enclave sociale ni dans un sens ni dans l’autre.

 

  1. Le bilan de la mandature

Aujourd’hui des milliers de parisien-nes dépensent 30 à 50% de leurs revenus dans leur logement. C’est considérable et cela plonge des familles dans la précarité. Depuis le début de la mandature, Ian Brossat, élu communiste et adjoint à la Maire au logement, a réalisé plus de
22 142 logements sociaux. Aujourd’hui, 21% du parc d’habitation principale à Paris est composé de logements sociaux. L’objectif est de passer à 30% d’ici à 2030. De plus, depuis 2014, 87 300m² de bureaux et 32 600² de commerce ont été transformés en logement. Les chantiers à mener en matière d’accès au logement sont colossaux.

Nous proposons en plus la réquisition des immeubles entièrement vides et d’étendre l’encadrement des loyers en renforçant les contrôles. Nous voulons également interdire les expulsions des familles et construire davantage pour les classes moyennes. Enfin, en 2017, c’est un vaste plan de lutte contre les chambres de bonne insalubres, louées illégalement, qui a été initié.

  1. Le 11ème arrondissement

Si l’on prend la situation particulière du 11ème arrondissement, il y a plus de 9000 demandeurs de logements sociaux et des milliers d’autres ménages qui dépensent beaucoup trop pour se loger. Mais il y a aussi 7931 logements vides et 4786 résidences secondaires ou occasionnelles dans notre arrondissement.

Les élu-es communistes ont obtenu lors du conseil d’arrondissement du 16 janvier dernier que la ville de Paris étudie tous les moyens d’arriver à une maîtrise publique de l’immense parcelle que vient de vider la BNP rue Léon Frot afin, entre autres, d’y produire des logements sociaux.

Depuis de nombreuses années, les élu-es communistes se battent pour que la loi change et permette bien plus facilement la réquisition des logements vides depuis longtemps. En attendant, nous avons déjà obtenu l’augmentation des taxes sur les logements vacants ou peu occupés afin de pousser les propriétaires à rendre des logements disponibles pour les habitants et limiter la spéculation.

  1. Le 4ème arrondissement

La situation sur le 4ème arrondissement illustre également la nécessité d’une lutte contre la spéculation immobilière afin de garantir un accès au logement digne et équitable. Alors que Paris compte déjà 40 000 logements vacants et plus de 100 000 résidences secondaires, ces trois dernières années, les locations touristiques de type Airbnb ont considérablement progressé dans la  capitale. Un seul exemple : sur l’Île Saint-Louis, près de 500 logements sur 800 sont mis en location !

Nous ressentons la légitime exaspération des habitants qui voient le cœur de Paris défiguré par cette logique à but lucratif au détriment  des familles qui cherchent désespérément à se loger. Nous n’avons rien  contre les particuliers qui louent leur appartement quelques jours  lorsqu’ils partent en week-end ou en vacances. Mais lorsqu’un  propriétaire loue deux, trois, quatre appartements exclusivement à des touristes, cela contribue directement à la spéculation immobilière. Nous ne pouvons plus tolérer que les propriétaires louent leurs biens 800€ la semaine, ou que des logements soient vides alors que des milliers de parisiennes et de parisiens sont en attente d’un logement.

Nous portons ainsi, en tant qu’élus parisiens mais aussi en tant que candidats aux législatives les mesures suivantes :

– Multiplication par 4 des taxes sur les logements vacants et sur les  résidences secondaires.

– Durcissement des sanctions contre les locations illégales de meublés  touristiques en portant l’amende à 100 000 euros par logement dans  l’illégalité.

-Fixation du taux de surtaxe sur la taxe d’habitation sur les résidences secondaires à Paris à 100%. C’est l’objet du vœu que nous avons proposé et qui a été adopté lors du conseil de Paris de février et qui demande à ce que le prochain Projet de Loi de Finance Rectificative examiné en juillet à l’Assemblée Nationale permette à la ville de réhausser ce taux. Le vœu que nous avons fait adopter demande également que le taux de la taxe sur les logements vacants passe de 12,5% à 50% de la valeur locative cadastral.

Ces mesures ne relèvent pas de la ville de Paris mais d’un vote de l’Assemblée nationale, voilà une des raisons pour lesquelles ces élections législatives sont essentielles à l’avenir de notre pays, de notre ville mais aussi de nos quartiers et de la 7ème circonscription.

  1. Le 12ème arrondissement

Dans le 12ème arrondissement, depuis 3 ans, c’est plus de 6 000 logements sociaux supplémentaires qui ont été créés, avec l’objectif d’atteindre 30% du parc de logement d’ici 2030. Avec 3000 appartements en meublés touristiques, c’est autant d’appartements qui nous manquent. Nous préconisons les mêmes mesures que précédemment citées.

Je me suis mobilisé en tant qu’élu du 12ème contre l’expulsion dans le 12ème de plusieurs familles et structures. De plus, nous portons régulièrement des vœux en Conseil de Paris contre les ventes à la découpe et pour le respect de la loi ALUR.

  1. La France en Commun

Nous voulions également vous présenter les propositions que notre programme, la France en Commun, dessine sur la question du logement :

-Création d’un service public national et décentralisé du logement, de l’habitat et de la ville (pôle public financier, pôle public de la construction, agence nationale foncière, outils publics divers).

-Construction de 200 000 logements sociaux par an et renforcement de la loi SRU (passage à 30 % de logements sociaux en zones urbaines).

-Aide à la pierre à hauteur de 40  % du coût des opérations.

-Augmentation des taxes sur les logements vacants et les résidences secondaires dans les zones en déficit de logements.

-Un renforcement de l’encadrement des loyers avec l’objectif que la proportion du loyer et des charges 51 dans le budget des familles ne dépasse pas 20 % de leurs revenus ; revalorisation de l’APL et suppression de la caution dans le parc privé.

 

Veuillez recevoir, Madame, Monsieur, l’expression de nos salutations distinguées,

 

Nicolas Bonnet-Oulaldj et Evelyne Zarka, candidats aux législatives de la 7ème